TRIO CELEA, PARISIEN, REISINGER : Autour d’Ornette
COLEMAN
Eclosion d’un trio majuscule qui réimagine avec bonheur et délectation le somptueux répertoire du pionnier free jazz,
Ornette Coleman. Une paire rythmique composée de Jean-Paul Celea à la contrebasse et Wolfgang Reisinger à la batterie, qui s’acoquine avec l’avenir du saxophone made in France en la personne
d’Emile Parisien, qui devient un habitué du festival Banlieues Bleues.
Les deux premiers acteurs sont capables de nager dans les eaux profondes de l’improvisation collective et sont de subtils
maestros dans l’art du trio depuis des décennies. Pour preuve, leur collaboration avec des maîtres comme Dave Liebamn et Joachim Kûhn. Cette année, ils ont ouvert le festival Banlieues Bleues en
compagnie du jeune et audacieux saxophoniste Emile Parisien. Une réussite et une exploration délicieuse des thèmes insoumis et éternels d’Ornette Coleman.
McCOY TYNER TRIO invite JOE LOVANO
Une deuxième partie magistrale. Un magnifique cadeau fait aux amateurs de jazz. McCoy Tyner, le dernier
géant avec le saxophoniste Sonny Rollins. Le complice éternel de John Coltrane. Une rencontre au sommet de l’émotion, de l’improvisation et de la tradition sans
cesse réinventée.
Si Hank Mobley, Wayne Shorter, Max Roach, Joshua Redman ont un jour ou l’autre foulé les planches aux
côtés de McCoy Tyner, son piano reste à jamais associé à John Coltrane. Ensemble, ils ont gravé une pluie de chef d’œuvre et chamboulé l’histoire du jazz.
Pour n’en citer que quelques uns : « Giant Steps », « My favorite things », « A love
Supreme » … où McCoy Tyner fut le co-architecte de la cathédrale sonore bâtie par John Coltrane.
Au banquet de cette magnifique soirée, l’un des plus brillants saxophonistes ténors : Joe Lovano,
accompagné à la contrebasse par Gerald Cannon et Francisco Mela à la batterie.

Une arrivée sur scènes de ces trois derniers musiciens, suivis quelques secondes après par McCoy Tyner, de
blanc vêtue avec sa sacoche en bandouillère. Sous l’ovation, il s’installe au piano et entame avec un premier thème aérien, « Fly with the Wind ». S’en suit la composition « Blues
on the Corner ». Un blues de douze mesures en quatre temps avec exposé du thème et succession des solistes : Tyner, Lovano, Cannon et Mela.
Puis c’est « Walk Spirit, Talk Spirit » l’une de ses nombreuses compositions qu’il reprend fréquemment en live.
Puis « African Village », « Search for Peace » puis « Moment’s Notice », une composition de John Coltrane. Pour finir par un hommage rendu à Duke
Ellington avec « In a mellow tone » où Joe Lovano se donne à cœur joie de jouer avec les temps forts et les temps faibles.
La 29ème édition du festival Banlieues Bleues ne pouvait mieux débuter !

Sur les traces d’Oum Kalsoum
Voix du monde, musiciens de la sphère jazz ou contemporaine, des artistes de tous horizons se sont unis pour une création
multiforme en hommage à l’incomparable voix égyptienne, Oum Kalsoum. Un hommage à celle que l’on surnommait l’Immortelle, la Quatrième Pyramide d’Egypte, « Thouma » la
voix d’or, et qui restera une des personnalités marquantes du monde arabe et une artiste inégalable par sa force créatrice.
Etre à l’écoute de l’orient, celui avec qui nous vivons, quotidiennement. Celui qui surgit d’un poste de radio ou de
télévision, lorsque nous déambulons dans les villes, lorsque nous sommes attablés dans un café. Souvent, la voix d’Oum Kalsoum se fait entendre, sans même que nous le réalisions.
Jusqu’au jour où nous entendons, soudain avec attention, ce que pendant tout un temps nous entendions sans y prêter vraiment attention. Cette voix, qui embrasse l’orient du 20ème
siècle, par ses savants et longs mélismes, nous emmène en une exploration d’un univers où chaque moment recèle une subtilité. Toute la puissance évocatrice d’un orient séculaire, subtil et
généreux se donne alors à entendre.
D’où ce concert ambitieux qui a réunit un plateau exceptionnel d’artistes. La Palestinienne Kamilya
Jubran, chanteuse et oudiste experte en expériences, a énormément appris en l’écouant, tout comme la Marocaine Aïcha Redouane, référence du répertoire arabao-andalou, ou
la Tunisienne Ghalia Benali, remarquée pour ses reprises des chansons de la grande Dame …
Kamilya Jubran
Wael Elkholy
L’astre continue de briller avec éclat dans les âmes des chanteuses arabes, mais aussi d’éclairer la lanterne des hommes,
comme le suggère la présence dans cette grande fresque musicale du chanteur égyptien Wael Sami El Kholy mais aussi du compositeur Arnaud Petit, des musiciens
Daniel Yvinec, Vincent Artaud, Magic Malik avec un projet « l’Orient ici » présenté en seconde partie de soirée. Chacun à leur manière, Daniel
Yvinec et Vincent Artaud, avec l’ensemble Satie, des musiciens de l’ONJ et du flutiste Magic Malik, ont proposé une évocation de cette musique à la fois
légendaire et encore si présente aujourd’hui. Ces évocations associaient des musiciens « classiques » avec des musiciens de jazz et de musique improvisée. La présence de la figure
d’Oum Kalsoum était constamment proposée dans ces pièces de musique, sous forme d’emprunts de bande sons. Un vaste songe et une très belle soirée en laquelle chacun pouvait se
perdre pour mieux se retrouver.
Azzedine Jazouli
Ghalia Benali
Magic Malik
1èrepartie
Aicha Redouane et son ensemble
Aicha Redouane voix, Habib Yammime riqq, Salah El-Din Mohamed qânûn, Safwan Kenani violon, Issa Murad oud
Morceaux interprétés :
- Al Nahda Wasla – une suite de la période de la renaissance
- Samâ î Iraq (instrumental de Zaki Mohammad Agha (1777-1846)
- Mouwashshah – Anâ min wajdi (Moi, je pleure et je chante de passion) – anonyme
- Qasîda – Wa haqqika anta I-monâ (En vérité tu es mon but et ma quête) – poésie de Imam Abdallah Al Shubrâwi et
composition de Shaikh Abu Ila Mohammad (1878-1927)
Kamilya Jubran
Kamilya Jubran voix, oud
Morceaux interprétés :
- dôr –emtal hawa, poésie de Yahia Mohammad et composiiton de Zakaria Ahmad (1936)
- taqtouqa – akoun saiid, poésie de Hasan Sobhi et composition de Zakaria Ahmad (1936)
Wael Elkholy
Wael Elkholy voix, oud
Morceaux interprétés :
- Monologue – In Kount Asameh – poésie de Ahmad Rami et composition de Mohammad El Qasabgi (1927)
- Qasida – Aghadan Alqak, poésie de Al Hadi Adam et composition de Mohammad Abdel Wahab (1971)
- Taqtouqa – Ahlel Hawa, poésie de Bairam Al Tounsi et composition de Zakaria Ahmad
Ghalia Benali et son ensemble
Ghalia Benali voix, Moufadhel Adhoum oud, Azzedine Jazouli percussion
Morceaux interprétés :
- Qaddeit Hayati, poésie d’Ahmad Rami et composition de Riyad Sonbati (1937)
- Qasida – El Atlal, poésie de Ibrahim Nagi et composition de Riyad Sonbati (1966)
2èmepartie
Arnaud Petit chef d’orchestre & composition ; Daniel Yvinec contrebasse et composition ; Vincent Artaud basse
électrique, claviers, composition ; Malik Mezzadri flûte ; Martine Gagnepain piano ; Fidel Fourneyron trombone ; Benjamin Doussetessier saxophone ; Claire Stangaro
violoncelle, Benoît Masson marimbas & vibraphone ; Antonin Tri Hoang saxophone alto & clarinette ; Pierre Perchaud guitare ; Ronan Coutry contrebasse ; Fabrice Moreau
batterie ; Christophe Chari régisseur d’orchestre.
CAROLINE + GUILLAUME ORTI
Rencontre entre le quartette de jazz «Caroline » fondé par la contrebassiste Sarah
Murcia et le saxophoniste Guillaume Orti. Un quartette qui carbure depuis 2001 aux énergies de la musique improvisée. Un mélange détonnant entre rock et jazz. Aux
commandes la contrebassiste Sarah Murcia ouvertes à toutes les expériences – d’Higelin à Magic Malik – le guitariste Gilles
Coronado, le batteur Franck Vaillant et le saxophoniste Olivier Py. Pour cette première partie, les voilà qui embarquent un passager d’exception avec le
saxophoniste Guillaume Orti, autour d’un répertoire percussif et composé par la contrebassiste.
ANDY SHEPPARD, MICHEL BENITA, SEBASTIAN ROCHFORD :
Trio Libero
Un maître mot pour le nouveau trio aérien du saxophoniste préféré de Carla Bley. Une musique libre et
aérienne propice à la rêverie et à la découverte des grands espaces. A l’occasion du festival Banlieues Bleues, le complice de prédilection de Carla Bley depuis plus de vingt ans
a réuni autour de lui deux éléments aussi opposés que complémentaires. Le contrebassiste rock Michel Benita, comparse d’Aldo Romano et d’Erik
Truffaz notamment, et le batteur Sebastian Rochford, fondateur de Polar Bear et partenaire de Bojan Z comme de Pete
Doherty. Une seconde partie qui fut une véritable réussite : une musique aérienne semblant défier les lois de la gravité, des sonorités féeriques au saxophone et contrebasse, et une
rythmique minimaliste.
JUKEBOX
Ou comment cinq jeunes électrons libres du jazz hexagonal détournent les mélodies populaires. Mené par le jeune pianiste
Fabrizio Rat, ce quintette transformiste s’approprie des tubes du siècle passé pour les recomposer à leur sauce. Tout y passe : les mélodies d’Elvis, celles de Lio … Piano
préparé qui carilonne comme un balafon, cuivres qui préfèrent le souffle à la note ou contrebasse frottée. Les cinq musiciens explorent toutes les possibilités de leurs instruments pour générer
une musique entre free jazz, explorations électro-acoustiques et pop déglinguée.
ROMANO, SCLAVIS, TEXIER invitent BOJAN Z & NGUYEN
LE
Après deux décennies d’oriniriques déclarations d’amour à l’Afrique, les trois grands du jazz hexagonal ont décidé
d’électriser leur musique nomade en invitant deux caractères trempés : le transcendant Bojan Z et l’hendrixien Nguyen Lê.
Clarinette, contrebasse, batterie : une formule d’une fluidité enivrante qui va droit au cœur et aux tympans. Une
musique ensoleillée et novatrice née au début des énnées 1990 pour une tournée en Afrique. Et que l’on peut retrouver avec un triptyque mis en images par le photographe Guy Le
Querrec. Un road trip enlevé, enfiévré, mélodique au sein duquel ils ont bien voulu accueillir deux princes de l’improvisation européenne, Boyan Z et
Nguyen Lê, pour le plus grand bonheur de l’audience réunie sous le chapiteau d’Epinay- sur –Seine.

You said about ..