William Parker "Universal Tonality" @ Festival Sons d'hiver 2012

Publié le par yannis

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William Parker (contrebasse, guembri, shakuhaschi ou flûte en bambou japonaise) - Sangeeta Bandyopadhyay (chant) - Mola Sylla (chant, m'bira, n'goni) - Bill Cole (instruments à anche double, atenteben ou flûte en bambou ghanéenne) - Rob Brown (saxophone alto) - Klaas Hekman (saxophone basse, flûte, piccolo) - Cooper-Moore (piano, flûte, banjo) - Hamid Drake (batterie, tambour sur cadre)

 

William Parker est un musicien comme les autres hommes - il y tient. Et pourtant. Contrebassiste, mais aussi joueur de trompete, de zintir, de kora, de balafon, de dumbek, de gralle .. soliste et souleveur d'orchestre, conducteur-clé et accompagnateur-clé, improvisateur et compositeur, inspiré conteur et créateur de jeux, cet homme est avant tout un rassembleur d'esprits et d'énergies, faisant inlassablement le lien entre les générations, redistribuant des forces accumulées depuis fort longtemps dans la musique qu'il libère et la philosophie qu'il délivre.

 

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Universal Tonality est un orchestre d'un autre genre que William Parker a réuni pour interpréter le 4ème mouvement d'une suite inédite, "How The World Changed It Self: The Red Giraffe With Dread Locks".

 

" Le concept musical qui est utilisé à travers cette série de pièces est celui de Tonalité Universelle. C'est l'idée selon laquelle toutes les musiques sont en quelque sorte liées les unes aux autres". Quant au jazz d'ailleurs, l'intéressé ne le pense pas isolément, mais comme une "Black Mystery Music", car ce sont les Noirs qui ont créé cette musique, bien que nous ne sachions pas comment au juste. Comment Monk est-il Monk ? C'est un mystère, c'est l'inconnue de l'équation, le facteur X, ce que l'on ne parvient jamais à déchiffrer. Et c'est aussi valable pour toutes les autres musiques: il y a l' "European Mystery Music, la "Folk Mystery Music" ... Cela n'a rien rien à voir avec la technique, cela n'a rien à voir avec le style. On peut incorporer n'importe quel élément dans n'importe quelle musique: un blues, un rythme punk, n'importe quoi ... Ce qui compte, c'est la manière avec laquelle on s'y prend, c'est comment l'on transforme les choses" (William Parker).

 

Car William Parker ne se soucie que modérément de "repousser les limites", pas plus qu'il ne veut éprouver de limitations: il les reconnaît pour mieux les franchir, il les prend pour ce qu'elles sont ou devraient toujours être, des multiplicateurs de possibilités. La composition de son orchestre d'un soir en est la parfaite illustration: la diva de jazz est remplacée par une chanteuse venue d'Inde du Nord, Sangeeta Bandyopadhyay, et le crooner de jazz par un chanteur venu du Sénégal, Mola Sylla. En parallèle, son compère Bill Cole utilise des instruments à anche double pour épauler les saxophonistes Rob Brown et Klaas Hekman, tous embarqués sur des rythmes tournoyants prodigués par Hamid Drake à la batterie et Cooper-Moore au piano.

 

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Au-delà des couleurs vocales et instrumentales, la musique sans frontières jouée par William Parker et son orchestre est un véritable rassembleur d'esprits et d'énergie !

 

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Le concert a été suivi d'un débat entre William Parker et le public, au cours duquel le contrebassiste a pu partager sa vision de la musique. William Parker se voit comme un conteur d'histoires ("story teller"), plutôt que comme un musicien, car pour ce dernier, tout est musique. Je vous laisse sur la dernière phrase pleine de bon sens de William Parker adressée à un spectateur: "You are music. If you can't go to a concert, listen to yourself".

Publié dans Festivals - Concerts

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