Engagements et musique par Max Roach

Publié le par yannis

School 's in ! Your lesson is about to begin. Grab a pen ... car il est temps d'évoquer la disparition de Max Roach en ce 17 août 2007. Loin de moi l'idée d'une rubrique nécrologique, mais plutôt d'une ode musicale.

Né le 10 janvier 1924 d'une mère chanteuse de gospel, il reçoit sa première batterie à l'âge de 12 ans, et débute quatre ans plus tard, remplaçant au pied levé le batteur malade de l'orchestre de Duke Ellington. Il fait tout de suite sensation, et le tout New York en parle. Bien qu'il étudie à la Manhattan School of Music, il se forme surtout dans les boîtes de nuit de Harlem, notamment au Minton's Playhouse, où il participe avec Charlie Parker et Dizzy Gillespie à la naissance du be-bop.

Un véritable maître de l'improvisation et de l'innovation rythmique. Il enregistre Birth of the Cool avec Miles Davis. En 1954,  il fonde avec le trompettiste Clifford Brown un des légendaires quintette qui fait évoluer le be-bop vers le hard-bop. Quintette qui a trop peu duré, étant donné la mort accidentelle de Clifford Brown et de Richie Powell. Il poursuit sa carrière en enregistrant sous son nom, mais aussi avec Thelonious Monk, Sonny Rollins, Freddie Hubbard, Hank Mobley ... Il s'essaye aussi à des projets "spécifiques" en incorporant des choeurs, des chanteuses (comme Abbey Lincoln, avec laquelle il sera marié de 1962 à 1970) et même avec des quartets de cordes frottées (incluant pour l'occasion sa fille Maxine).

A partir de 1958, il prend fait et cause pour la défense des droits civiques des noirs américains, publiant des albums engagés tels que We insist ! Freedom Now Suite. La musique comme engagement et sa vision de la musique comme reflet et source de responsabilité envers la société dans son ensemble. Il est ainsi aux côtés de Martin Luther King ou de Malcolm X.

Il participe également à l'émergence du free jazz. Dans les années 1970 et 1980, on le retrouve en duo avec Archie Shepp, Anthony Braxton, Cecil Taylor et Abdullah Ibrahim, et aux débuts des années 1980, il fut l'un des premiers jazzmen à collaborer avec des rappeurs.

On le retrouve également en 1985 avec Bernard Lubat, Manu Dibango et Salif Keita lors d'un concert pour la libération de Nelson Mandela. Puis enseignant à l'université dans le Massachusetts.

Je vous laisse découvrir ou ré-écouter la vidéo de 1970 "I have a dream" - le discours de Martin Luther King avec Max Roach en fonds musical.

 
Max Roach drum solo

Petite discographie non exhaustive (que tout le monde peut complèter en ajoutant son commentaire -désolé pour l'anglais mais la traduction en français ne s'y prête pas trop...)

- Clifford Brown / Max Roach (1954-1955; Verve). Now reissued in expanded form, the first album of the jointly led quintet features iconic tunes like Duke Jordan's "Jordu" and Brownie 'Daahoud" and "Joy Spring", on which Roach plays one of his brilliant solos entirely with brushes.

- Deeds not words (1958, Riverside /OJC). After the departure of Sonny Rollins and bassist George Morrow, Roach picked up the pieces by hiring the Memphis team of Booker Little and George Coleman, and wrote striking  and demanding originals and arrangements for them.

- We Insist ! : Freedom Now Suite (1960; Candid). Booker remains, and the combined weight of a guest solo by Coleman Hawkins, the added Afro-Latin percussion, and Abbey Lincoln's wordless duo with Roach on "Triptych" make Roach's composition a political statement that stands up musically.

(en cliquant sur les liens suivants, vous trouverez Max Roach et Abbey Lincoln: Partie 1 (Driva' a man / Protest)   ET   Partie 2)

- Lift every voice and sing (1971; Koch). A very different political statement is this marriage of post-Coltrane jazz, featuring Billy Harper and George Cables, with the strength of gospel music and spirituals, dedicated to Paul Robeson.

- To the Max ! (1990-1991; Enja). While showing no signs of diminishing his activity, Roach's double CD is a résumé of his activities of the previous twenty years. The percussion group M'Boom contributes three tracks; Roach plays solo, with his quartet and with the string quartet; and combines them with a chorus on the American Indian- inspired composition "Ghost dance".

Mais également :

- Alone together (avec Clifford Brown)

- Complete Savoy and Dial Studio Recordings / Complete Live Performances on Savoy (avec Charlie Parker)

- Saxophone Colossus / Freedom Suite ( avec Sonny Rollins).

Et comme, Max Roach était un roi de l'improvisation et de l'innovation rythmique, je vous offre ces trois solos: Solo 1   /   Solo 2   /   Solo 3.

Publié dans Let the music play

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Christian 19/08/2007 02:02

Bon, je vais essayer de pas trop en rajouter :
- Study In Brown, mon album préféré du quintet Clifford Brown / Max Roach (avec Harold Land)
- Percussion Bitter Sweet : magistrale collaboration avec Booker Little et Eric Dolphy, et la même année (1961) :
- Out Front : Booker Little with Eric Dolphy and Max Roach. Un de mes dix disques préférés, tous genres confondus. Tellement beau (et triste).
- Drums Unlimited : parce que Drums Also Waltzes...
- M'Boom et M'Boom Re : Percussion : sa formation de percussionnistes. Unique.
- Streams of Consciousness : duo avec Abdullah Ibrahim. Parce que j'aime ces deux là.
- Birth and Rebirth : duo avec Anthony Braxton. Tout le monde ne sera peut être pas d'accord avec moi, mais ce disque, c'est ma première incursion dans le monde étrange du free jazz. Et que je n'ai jamais pu écouter jusqu''au bout un autre disque d'Anthony Braxton
- Pictures In A Frame  : le premier disque que j'ai entendu de son quartet avec Cecil Bridgewater, Odeon Pope et Calvin Hill. Je l'aime toujours autant : quelle puissance !
- Easy WInners et Bright Moments : les disques du double quartet. J'ai mis du temps à apprivoiser ce concept... Et avec le temps, c'est magnifique.
Voilà, et je jure que j'ai essayé d'être concis.

y. 21/08/2007 20:22

Study in brown ... comme ai-je pu l'oublier alors qu'il trône fierement dans ma cd-thèque ... damned it ...

yannis 18/08/2007 10:02

J'ai oublié de mentionner le "Money Jungle" de Duke Ellington avec Charlie Mingus et Max Roach !