Banlieues Bleues 2007: Can you dig it ?

Publié le par y.

 

Avec quelques semaines de retard, un compte-rendu musical des concerts de Banlieues Bleues auxquels j'ai assisté. 

Samedi 17 mars à Stains.

Bassdrumbone, un groupe de jazz américain,  avec le tromboniste Ray Anderson, le contrebassiste Mark Helias et le batteur Gerry Hemingway. Ici, l’instrument mélodique est le trombone, et force est de constater que Ray Anderson sait le manier à merveille. J’ai tout simplement adoré l’interaction qu’il pouvait y avoir dans le trio, et la sonorité pleine de fougue du trombonne. Parfois, je me suis surpris à y entendre un son très proche de la trompette. Dans le fascicule de Banlieues Bleues, il y est dit qu’ils ont quelques décennies d’aventures sonores en commun, et qu’ils ont évolué avec Don Cherry, Anthony Braxton, avec des expérimentateurs de la scène hollandaise, avec la scène funk de la Nouvelle Orléans , et se sont également intéressés à la musique africaine. Tout ça ,pour dire qu’ils ont un vécu en commun, et que cette intéraction se ressent dans l’atmosphère musicale du groupe. Très belle interprétation également de morceaux de jazz & blues par le tromboniste. Si je n’ai qu’un conseil, c’est d’aller voir absolument ce tromboniste ! J’en ai eu le souffle coupé …

La Marmite infernale : un sacré bordel musical, mais sans aucune connotation péjorative de ma part. Sous l’intitulé d’Association à la Recherche   d’un Folklore Imaginaire (l'ARFI), ce collectif lyonnais se transforme de manière perpétuelle. J’ai ainsi pu compter 16 musiciens sur la scène, ça mijote quelques fois, ça bouillonne la plupart du temps. Une explosion free jazz de sons en tout genre. Déroutant.

 

 

Mercredi 21 Mars à Montreuil.

Laurent Bardainne et Dean Bowman : « Here is to you Albert Ayler ». Une rencontre entre le saxophoniste français Laurent Bardainne, et le vocaliste américain Dean Bowman. Un arrangement des compositions d’Albert Ayler, disparu en 1970 dans le port de New York, par Laurent Bardainne, avec un orchestre assez rock et un son amplifié, et accompagné par Dean Bowman qui fait écho à cette musique par sa voix puissante et une certaine spiritualité. Petite touche également fort sympathique dans le projet, avec un cœur d’enfants d’une école primaire de Montreuil. C’est ça aussi le festival de Banlieues Bleues : un ancrage en Seine Saint-Denis, des actions musicales et un lieu de rencontres entre professionnels, amateurs, amoureux de la musique ou simple curieux.

 

 

Pharaoh Sanders : le concert que j’attendais le plus. Je n’ai pas été déçu ! Certes, il a de qui tenir, en bon disciple de John Coltrane. Un des nombreux apôtres du free jazz était donc à Montreuil pour la deuxième partie de soirée. Les timbres de son saxophone poussé à l’extrême, la manière de communier et de communiquer son plaisir, la reprise de deux morceaux de John Coltrane ( "My favourite things" et le morceau le plus romantique à mes yeux pour tout joueur de saxophone, "Naïma"). Jusqu’à présent, le meilleur live jazz de ce début d’année

 

Mardi 27 Mars à Tremblay en France.

Le Sacre du Tympan invite Piers Faccini, San Severino & Marcel Kanche: Selon ses propres aveux, Fred Pallem « …aime beaucoup Mingus et Ellington, mais (…) est aussi influencé par bien d’autres choses : la musique de film, le dessin animé, le cinéma en tant qu’image, le théatre, le rock, la pop, le folk, la country music, le heavy metal, la photographie, la peinture … et la pornographie ». Bref, passons sur les vices du capitaine de cette bande de joyeux drilles composée d’une vingtaine de membres. La métaphore du livret de banlieues bleues rend mieux hommage à ce groupe un peu déjanté : un navire, des escales sur des îles abracadabrantesques, des déserts de western-haricots, des contrées terrifiantes peuplées d’éléphants géants (…) et sur le pont la jeune garde déjanté se prépare à l’abordage. A cela s’ajoutait pour l’occasion d’un soirée, l’univers assez blues/rock de Piers Faccini, les chansons souriantes de San Severino, et les poêmes de Marcel Kanche. Si j’ai pu être réceptif à Piers Faccini et San Severino, je l’ai été moins à Marcel Kanche, lui préférant Eric Lareine vu en concert en février au festival Sons d’hiver. Que retenir de ce concert ? Un très bel ensemble de cuivres et un univers musical déjantée. Mon seul regret, une salle peu ou pas réceptive. Un seul rappel … 

Petit supplément musical, avec: 

- Pharaoh Sanders interprétant My favorite things de John Coltrane,

- et un morceau du groupe de jazz américain Bassdrumbone en live à Baltimore (l'enregistrement pirate ne rend pas un son fidèle). 

Allez, ce n'est que du bonheur !

 

Pharaoh Sanders - My favorite things

 

Bassdrumbone - Live An die Music, Baltimore

Publié dans Festivals - Concerts

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gaston 14/04/2007 00:30

la longignitude serait elle génétique  chez les trombonistes ?
une exception  : russel "big chief" moore, qui joua chez lionel hampton et louis armstrong, était petit et gros.

y. 15/04/2007 23:21

Et au fait, que pensez-vous de la vidéo de Pharaoh Sanders ?

Milady 13/04/2007 13:32

Voilà. Le New Bootles, Old Wine... c'est celui-là que j'ai écouté en boucle et d'ailleurs, si j'arrive à remettre la main dessus...

y. 13/04/2007 13:45

D'ailleurs, une question farfelue me vient à l'esprit ( oui c'est tout moi...), mais les derniers trombonnistes que j'ai vu en live était tout aussi grand et mince que leur instrument. Un rapport ? Bon ... ok ... je sors pour cette question non-pertinente ...
En même temps, ça me permet d'annoncer le prochain "Whozewho" de lundi prochain ! Ce sera un tromboniste !

gaston 13/04/2007 12:58

heureux parisien qui a pu voir ray anderson, alors qu'exilé dans ma province lointaine... ( isolé sur le sol au milieu des huées, mes ailes de géant m'empêche de marcher...)
le ray avait commis chez enja, dans les années 80, de réjouissants albums comme le new wine, old bottles ou le alligatory band au parfum néo orléanais. Il joue merveilleusement du trombone, chante comme un cochon mais avec enthousiasme et est toujours bien entouré ( dont généralement mark helias  ).
celà étant je n'ai pas trop de nostalgie de banlieues bleues, que j'ai assidument fréquentées, car je me suis tellement perdu dans ces banlieues improbables ( essayez donc de trouver le gymnase jesse owens à sevran et vous m'en direz des nouvelles ! ) que j'en garde un souvenir parfois cauchemardesque ( pas de la musique mais du voyage )

y. 13/04/2007 13:42

Heureux parisien qui comme moi prend les transports en commun, et n'hésites pas à chausser ses tennis pour aller d'un point à un autre ...
Par contre, c'est vrai que pour le coup ( mis à part le concert de pharaoh sanders à montreuil), les deux autres concerts, j'étais véhiculé (merci pierre !). 
Voyons le concert comme une juste récompense à celui qui a su trouver son chemin (non sans mal :-) 
Pour le concert de Bassdrumbone le mois dernier, l'accent et le parfum de la nouvelle orléans était bien présent ! Et ray anderson joue en effet divinement bien.  

Milady 13/04/2007 07:02

Jamais vu Ray Anderson, mais déjà entendu of course -- il est hallucinant.Dommage que tu n'aies pas été voir le Either/Orchestra, j'aurais bien aimé savoir à quoi ils ressemblaient, ces fous furieux (souvenir d'un double cédé chroniqué il y a des années, j'avais bien aimé, en concert ça doit donner).M'en vais jeter un noeuil sur la vidéo...

y. 13/04/2007 07:53

Hé oui, un compromis " date - lieu du concert - groupe de jazz "  :-)
Bon visionnage des deux vidéos !