Public Enemy au Zenith: It takes a nation to hold them back !

Publié le par y.

Concert évènement hier soir pour le vingtième anniversaire de la sortie de leur premier album " Yo! Bum Rush the Show" .

20 ans d'une carrière, qui a véritablement décollé à la sortie du deuxième album " It takes a Nation to hold us back". Un groupe de hip hop pour lequel musique, entertainment, activisme politique & militantisme noir sont liées. Et au delà de ça, un son unique, le flow de Chuck D,  DJ Terminator X aux manettes, Flavor Flav avec ses grosses lunettes et son énorme réveil pendu autour du cou et dont les pitreries sur scène sont le pendant des diatribes engagées de Chuck D. Egalement le S1W, la troupe de danseur habillé en treillis et brandissant des armes à feu factises, sous l'oeil avisé du chorégraphe Professor Griff.  

Passons sur la première partie ... Un ex du Saïan Supa Crew ... LeeroY ... Quelques sifflets et autres bras tendus en sa direction ...

Fort heureusement. 9pm, entrée de Public Enemy pour plus de deux heures de live.

Put your fist in the air !

Reprise des morceaux qui ont fait leur renommée (parmi lesquels:  
Rebel without a pause, Black steel in the hour of chaos, Fight the power, Shut them down, 911 is a joke, Can't truss it, Fear of a black planet, Give it up, He got game, Don't believe the hype ...) et bien évidemment quelques morceaux de leur dernier album, sorti en janvier 2007, Beat and places. Ce dernier album n'épargne pas le président actuel des US .... "and his senseless war"

Terminator X a été remplacé depuis 1999 par DJ Lord. Paraît-il, Terminator X s'est lancé dans l'élevage d'autruche ... ( à confirmer). Plus un trio guitare- basse-batterie du plus bel effet, pour un groupe qui n'a jamais cédé aux sirènes des boîtes à rythme électronique (merci !)

Ils ont également dédicacé quelques morceaux à d'autres groupes de hip hop américain, dont Run DMC et Wu-Tang, auxquels ils ont emprunté pour l'occasion un titre en live. Et bien évidemment James Brown, parti il y a quelques mois...

Et en invité surprise, le free jazzman, Archie Shepp, qui fêtait en cette occasion ses 70 ans en leur compagnie, et qui s'est vraiment fait plaisir, notamment sur une version assez groove et soul de "Give it up".

Surprenant me direz-vous ? Archie Shepp ? Avec Public Enemy ?

Tout d'abord, n'oublions pas que les membres de PE sont avant tout de véritables musiciens - plusieurs instruments pour Chuck D, et Flavor Flav nous a même accrédité d'un solo à la batterie. Quant au message et à l'engagement politique de chacun, les ressemblances sont très proches.

Chuck D, définissait jadis son groupe comme un "CNN noir". Il continue désormais de partager son temps entre son métier de rappeur et ses activités militantes, notamment pour l'inscription des défavorisés sur les listes électorales. Assez éloigné du show-biz ("je ne connais pas Hollywood" - à réécouter Burn Hollywood burn - ou à propos du hip-hop qui obéirait aux décrets de l'industrie du disque: " Il y a des âmes pour lesquelles Dieu est le dollar"), Chuck D a su conservé cette forme d'art engagé ( "oui, artiste et militant, ça peut ressembler au même boulot").  

Quant à l'association musique/politique d'Archie Shepp, j'ai retrouvé ces quelques lignes d'Archie dans "Free jazz, Black Power" ( de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli): "Il n'est pas possible de voir sauter trois enfants et une église sans qu'il en reste quelque chose dans votre expérience culturelle. Voilà ce qu'est l'avant garde à mon avis" - avant-garde à propos du free jazz). Souvenous-nous qu'il y a dans le free jazz, au niveau même du travail sur le matériel musical, un point de vue culturel, idéologique et politique.  Ce qui a fait dire pendant longtemps aux critiques de jazz: (le free jazz) "ce n'est pas du jazz".

C'est mon avis et il n'engage que moi ... mais je considère que cette rencontre musicale d'un soir entre PE et Archie Shepp avait du sens, car l'un à travers le hip hop  et l'autre à travers le free jazz, ont produit un travail dont l'inscription politique est évidente et inévitable.

Au delà de ces considérations, c'était un sacré concert ! Pour conclure de la même manière que leur concert, je n'ai qu'un seul mot à dire: Peace !

Vous pouvez également aller faire un tour sur ce blog: Croiser le fer où il y a quelques vidéos (même si le son ne vraiment pas hommage à ce concert).

Mon seul regret ... ne pas avoir pris mon appareil ce soir là ... Je suis donc preneur des éventuelles photos prises lors de cette soirée !

Publié dans Festivals - Concerts

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Massaer 10/04/2007 16:56

Ce blog m'a ete recommende par Laetitia et je dois dire que c'est un blog d'un vrai passionne du Jazz. Keep it up !
Samedi passe, je susi alle voir Ron Carter & Jim Hall en duo au "Blue Note NYC" et c'etait excellent, le Jazz a son plus haut niveau. les gens qui etaient assis a cote de moi devaient se dire que j'avais un probleme car j'avais les yeux fermes durant une grande partie du concert, histoire de mieux visualiser le dialogue entre la double bass de Ron, et la guitare de Jim !
Massaer

y. 10/04/2007 19:32

Welcome Massaer,
Etant donné que je n'ai qu'une seule amie à NYC qui s'appelle laetitia, je suppose que l'on parle de la même laeti :-)
A l'époque où j'étais à nyc, j'étais aller écouter, en aout 2004, McCoy Tyner au Blue Note, et en invité il y avait le danseur Savion Glover.  Un super concert. Quand je repense que ce pianiste a joué avec John Coltrane ... Quant à Ron Carter, j'avais eu la chance de l'écouter avec Keith Jarret au Carnegie Hall pour le JVC Jazz Festival. Que de souvenirs ...
Les yeux fermés ? rien de plus normal j'ai envie de dire ... tant que tu ne tapes pas des pieds au rythme de la batterie et chantonne la mélodie plus fort que le groupe :-)
N'hésites pas à revenir ! Et à évoquer les jam session auxquelles tu aurais assisté. A bientôt !

gaston 09/04/2007 22:30

la cinquantaine ? ce sont des gamins...

y. 09/04/2007 23:45

Hé hé hé :-)

Milady 09/04/2007 17:18

Ach... je suis morte de rire !

gaston 09/04/2007 13:41

vous avez surement raison les gars. Mais ça doit être l'age les rappeurs me gavent... ( c'est argumenté ça non ? )

y. 09/04/2007 14:10

Belle argumentation effectivement. Peut être pourrions nous préciser que Chuck D et Flavor Flav ont la cinquantaine pour atténuer ta peine ? :-)

Christian 08/04/2007 15:01

Pas si bonne mémoire en fait : je confond Commoli et Cassenti ! Il s'agit bien sur d'un documentaire de Frank Cassenti Je suis Jazz, c'est ma vie (1982).
On retrouve la liste des nombreux documentaires produits sur le jazz sur son site : http://www.frankcassenti.com/pages/page_10pagpag.html,
J'ai vu pour ma part les excellents Lettre à Michel Petrucciani  et  Sun Ra : Mistery, Mister Ra. Et quand je lis sa filmographie, je me dis que je me ferai bien une intégrale !
Sinon, pour répondre à Gaston, Public Enemy et Chuck D me semblent faire partie des artistes intègres, ceux qui ont toujours produit la musique qu'ils souhaitaient faire, sans concession. Le fait qu'il aient bien gagné leur vie avec est un autre débat. Il me semble que Gaston fait un peu vite l'almagame entre cette scène là et la scène hip-hop FM - Sky Rock qui abruti nos oreilles et squatte la quasi intégralité des médias...

y. 08/04/2007 21:12

Merci pour le lien sur franck cassenti. Je ne connaissais pas.
Et je partage également  tes propos sur Public Enemy, et le fait qu'ils fassent ça avec conviction.
Sinon, dans quelques jours ( le temps de le rédiger) petit résumé des concerts de Banlieues Bleues auxquels j'ai assisté !
Bonne fin de week end.