Si l'histoire du jazz m'était contée: Count Basie (Partie 7)

Publié le par y.

Le swing par excellence

Petit bio: Après le décès de Bennie Moten en 1935, le pianiste William « Count » Basie (1904-1984) engage une bonne partie de ses anciens collègues pour se produire au Reno Club de Kansas City où il est entendu à la radio par John Hammond qui lui obtient sa première tournée à travers les Etats-Unis. Basie réussit à faire enregistrer un petit contingent de l’orchestre en 1936, puis le big band au complet en 1937. Malgré la présence de superbes solistes et de la chanteuse Billie Holiday dans ses rangs, Basie ne rencontre le succès qu’au début 1938, quand il bat l’orchestre mythique de Chick Webb dans son fief du Savoy Ballroom et est engagé pour plusieurs mois au Famous Door de New York. Il effectue sa première tournée européenne en 1954. Son big band se plaira à enregistrer avec les chanteurs et chanteuses les plus divers, tels que Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Frank Sinatra, Tony Bennet, Sammy Davis Jr, Billie Holiday (photo ci-dessous) …etc.

 La musique : La formation de Count Basie est considérée par beaucoup comme la plus swinguante de toute l’histoire du jazz, notamment par sa section rythmique. Elle révolutionne, dès 1937, le fondement rythmique même du jazz et introduit une souplesse rarement atteinte auparavant. Refusant jusqu’au bout d’électrifier sa guitare et de prendre des solos, Freddie Green (1911-1987) qui a fait toute sa carrière chez Basie, ponctue discrètement et inlassablement les quatre temps. Le bassiste Walter Page (1900-1957), avant Jimmy Blanton chez Ellington, révolutionne avec souplesse la walking bass, en introduisant une variété et une vie considérable, par des effets de nuances, chaque note étant attaquée différemment, accentuant parfois les contretemps, montant et redescendant progressivement du grave à l’aigu, mariant ces va-et-vient de crescendos / decrescendos opportuns. Le batteur Jo Jones (1911-1985) maîtrise les balais et la résonance de la cymbale charleston qu’il utilise souvent pour faire le tempo. Quant à Basie, il laisse respirer avec gourmandise sa rythmique, réduisant ses interventions au minimum avec la plus grande efficacité, à une époque où les pianistes remplissent encore beaucoup d’espaces.  Basie et ses hommes ont une philosophie : la fioriture et la sophistication harmonique ne font pas partie des préoccupations orchestrales du band, et le blues est le matériau privilégié de l’orchestre, presque toujours joué dans sa forme la plus simple. Construit généralement sur un ensemble de riffs qui s’enchevêtrent et produisent un swing des plus dansant, l’économie des notes était la marque de fabrique de Count Basie.

Pour écouter "One O'Clock Jump", cliquer  Ici

 

 

Publié dans Let the music play

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Milady 15/01/2007 18:55

Promis. Un 'tit comm demain.Bonne soirée... avec Oscar, le Captain et NHØP !

Christian 14/01/2007 23:33

Ah cette rythmique ! Quelle respiration ! Et quelle soupless ! Le Swing quoi...
Et l'économie des notes : Count Basie / Duke Ellington / Thelonious Monk : même combat...