Si l'histoire du jazz m'était contée : Duke Ellington (Partie 6)

Publié le par y.

Il était temps de mettre le piano à l’honneur. Commençons tout d’abord par le grand Duke Ellington ! Et à mon retour de vacances, le swing de Count Basie.

Duke Ellington : une vie au sommet

Chef d’orchestre, compositeur, arrangeur et pianiste, Duke Ellington (1899-1974) est l’une des plus grandes figures du jazz et de la musique du 20ème siècle. Il a dirigé un orchestre pendant près de 50 ans sans interruption, ce qui est sans doute un record. Aussi sa production est-elle colossale, avec près de 1000 compositions à son actif. Il n’existe pas un jazz man qui n’ait joué un thème d’Ellington au moins une fois dans sa vie, car l’œuvre du grand « Duke » couvre pratiquement toute l’histoire du jazz et continue, plus de trente ans après sa disparition, d’influencer le répertoire des musiciens contemporains.

 

 

Petite bio: Ellington travaille dans sa ville natale, Washington DC, jusqu’en 1923, puis vient à New York avec les Washingtonians dont il prend la tête en 1924, année de ses premiers enregistrements. En 1927, son imprésario Irving Mills le fait jouer au Cotton Club jusqu’en 1931. Il y développe son fameux jungle style et se fait connaître du public. Il tourne son premier court-métrage en 1930 et effectue sa première tournée européenne (Londres et Paris) en 1933. Le sommet de son art se situe en 1940, année où il produit la plus impressionnante série de chefs d’œuvre, grâce à l’arrivée du saxophoniste Ben Webster, de l’arrangeur compositeur Billy Strayhorn et surtout du bassiste Jimmy Blanton. En 1943, il donne le premier d’une série de concerts annuels au Carneggie Hall. Il a écrit plusieurs musiques de film, de ballet de scène. Il se produit partout et beaucoup jusqu’à sa mort (dancings, clubs huppés, concerts profanes et religieux, festivals, soirées privées, télé, cinéma).

L’arrangeur : Aussi exceptionnel en grande formation qu’en petit comité, Ellington n’écrit jamais pour un groupe d’instrumentistes anonymes mais pour des individualités qu’il a lui-même choisies avec soin. Il mélange astucieusement les instruments, noie les timbres avec des sourdines, utilisant  toutes les possibilités de traitement du son (wa-wa), notamment pour son fameux style jungle qu’il développe quand , en 1927, il est engagé au Cotton Club. A la voix grave du saxophone baryton, Ellington ajoute en 1944, l’éclat stratosphérique des suraigues de trompette de Cat Anderson. Son influence est bien sûr immense sur les arrangeurs, tels que Gil Evans, Charles Mingus ou bien Wynton Marsalis.

Le pianiste: Issu de la tradition du piano stride des années 1920, le Duke se révèle aussi avant-gariste du clavier, préfigurant Thelonious Monk, et est parfaitement à l’aise de John Coltrane ou de Charles Mingus (1962). S’il ne se pose pas en virtuose, il est l’un des pianistes les plus originaux qui soit, inégalable créateur d’introduction et de sonorités reconnaissables dès le premier accord …

 

 

Quel morceau en écoute ? En mon absence, je propose aux habitués du blog de rajouter en commentaire le morceau qu'il préfère de Duke Ellington et qu'ils ont envie de nous faire (re) découvrir ...

Publié dans Let the music play

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CeD 13/01/2010 22:16


ERRATUM : son avant-dernier enregistrement (le dernier était "Duke's Big Four", en 1973)


CeD 13/01/2010 22:06


Son testament pianistique : "Fragmented Suite for Piano and Bass", avec Ray Brown en décembre 1972 (son dernier enregistrement).


y. 23/12/2006 14:31

Très bon choix christian !
Voici désormais un morceau du grand duke en libre écoute ! 
 

Christian 22/12/2006 23:02

Et bien aucun extrait musical comme proposé dans le sujet ?
J'aurais bien mis le Chloé de 1940 (celle qui avait été arrangée par Duke Ellington...), avec son petit passage à la contrebasse - Jimmy Blanton bien sur - mais je l'ai qu'en vinyl...
Alors je propose ce In A Sentimental Mood de Piano Reflections (1953) : http://media.putfile.com/Duke-Ellington---In-A-Sentimental-Mood. Ou comment faire sonner cette fameuse ballade par un jeu tout en swing et en épure...
 

Lady Domi 18/12/2006 13:52

PS : Étienne, j'ai lançé un fil dans le forum pour ta question.Eh eh. Joli, le code : TAZ.