Si l'histoire du jazz m'était contée: Louis Armstrong (Partie 4)

Publié le par y.

Louis Armstrong : un néo-orléanais adepte du cornet, puis de la trompette à partir de 1926 qui va révolutionner le jazz en le sortant des bas fonds de la Nouvelle-Orléans pour conquérir le monde.

Louis « Satchmo » Armstrong (1901-1971) possédait toutes les qualités : un don pour la technique instrumentale, une sonorité riche, chaude et puissante, un ample vibrato charriant l’émotion, un sens profond du blues, une invention mélodique naturellement « fraîche » et une mise en place rythmique qui lui permet de prendre des risques et de transcender la plus banale balade en morceau magnifique. Qui plus est, au travers de sa musique transparaît naturellement et pour notre plus grand plaisir son sens de l’humour, ce petit côté espiègle et une grande personnalité in fine. Jusque dans les années 1940, son impact sur presque tous les musiciens (les chanteurs par sa voix rocailleuse unique et les trompettistes par son jeu) est incommensurable (certains pousseront le mimétisme à s’habiller et parler comme lui, en plus de reprendre sa manière de chanter). C’est lui qui fera évoluer les structures « Nouvelles-Orléans » vers une esthétique élaborée où le soliste-improvisateur tient une place prépondérante.

A l’âge de 12 ans, à l’occasion du nouvel an, il tire des coups de pistolet en l’air. On l’envoie dans un foyer pour enfants noirs où il apprend la trompette. King Oliver le fait venir à Chicago pour occuper le poste de second cornet dans son orchestre. Il effectue ses premiers enregistrements avec cette formation légendaire. Sur les conseils de sa femme, la pianiste Lil Hardin, il quitte le groupe dirigé par King Oliver, son mentor musical, et accepte l’offre du chef d’orchestre et pianiste Fletcher Henderson à New York en 1924. Dans ses bagages, il emmène son porte-bonheur musical, le swing, qui fait encore défaut aux musiciens de cette ville à cette époque. Le swing provient d’une accentuation des notes où la valeur exacte du temps est avancée ou retardée à un degré minime, ce qui a pour effet de donner ce petit balancement si caractéristique du jazz swing. Ainsi, par son style novateur, il va changer la conception musicale de la formation d’Henderson, modelant le jeu des musiciens de l’orchestre (dont le jeune saxophoniste Coleman Hawkins). En 1924-1925, il accompagne plusieurs chanteuses de blues, dont Bessie Smith et Ma Rainey, et au cours de sessions organisées par le producteur et pianiste Clarence Williams (également néo-orléanais) il fait la rencontre de Sydnet Bechet.

Il retourne ensuite à Chicago et fait ses premiers disques sous son nom : cette période (1925-1929) est extrêmement créative avec ses orchestres Hot Five et Hot Seven. C’est le temps du hot jazz.

En 1928, il grave ses plus grands chefs d’œuvre grâce à sa rencontre avec le pianiste Earl Hines. A partir de 1929, Armstrong se tourne plutôt vers un répertoire de chansons populaires qui lui apportera les faveurs du public, et fait sa première tournée européenne en 1932. Après 1935, il sera accompagné par l’orchestre de Luis Russel qui contient bon nombre de ses compatriotes. A la fin des années 1940, Armstrong revient au format réduit des orchestres néo-orléanais et à leur répertoire à la tête de son All Stars Band avec lequel il parcoura la planète. Il joue également dans de nombreux films, comme par exemple « New Orléans » (1947), film dans lequel Billie Holiday joue le rôle d’une bonne (racisme hollywoodien oblige).

De 1947 à sa mort, il enregistre près de 1500 titres pour des dizaines de maisons de disques, avec quelques succès, parfois considérables (Hello Dolly en 1963) et même posthumes en 1988, avec What a wonderful world (enregistré en 1967).

Trois disques sont à mes yeux des disques référence: 

- Ella and Louis (avec Ella Fittzgerald en 1957),

- Louis and the Good Book (enregistré en 1958 avec de très bons titres comme : I feel like a motherless child ou encore Nobody knows the trouble I’ve seen),

- Porgy and Bess (avec Ella Fitzgerald en 1958),

- et un de mes cd favoris réunissant en condition studio le pianiste Duke Ellington et Louis Armstrong : The making of the great summit. Et c’est justement sur deux morceaux de ces deux géants du jazz que nous allons nous quitter. 

Duke's place: Cliquer Ici

 

 Drop me off in Harlem: Cliquer Ici

Publié dans Let the music play

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Lady Domi 29/10/2006 18:21

Mort Herbert à la basse... et voilà, on les a tous !

y. 29/10/2006 16:45

C'est là que je me dis qu'en plus de copier ce cd, j'aurais du en plus noter tous les autres musiciens qui jouent avec louis armstrong et duke ellington ... hum ... hum ...
C'est noté pour la prochaine fois !

Lady Domi 29/10/2006 15:17

Je l'avais oublié, cet album... C'est affolant comme Danny Barcelona accélère sur son break de «Drop me off», pourtant il n'est pas long, hein ! Un poil trop métronomique pour moi. Mais Trummy... ah, Trummy ! Et Barney ! L'un des rares clarinettistes que j'aime vraiment -- j'ai un problème avec cet instru, va savoir pourquoi... J'aime bien Russell Procope, et Lester sur son truc en métal...

Lady Domi 23/10/2006 13:48

Tu as eu une invit', toi ? Non ?Bon. Donc : invit' sur notre forum très privé, surtout de membres. Là : http://leroyaumetrognesque.bbfr.net/index.forumViens lui expliquer, à ce jeune turbulent de Traneur, qui c'était Armstrong !!!