Si l'histoire du jazz m'était contée: le Jazz Hot (partie 3)

Publié le par y.

To New York and Chicago: le Jazz Hot (1917-1930)

Le jazz va se développer avec en toile de fond la Prohibition (1920-1933) et les gangsters qui contrôlent la plupart des clubs de jazz.

CHICAGO

1- Les Néo-Orléanais.

Les premières grandes migrations de musiciens louisianais ont lieu dès les années 1910. A chicago, puis New York, l'Original Dixieland Jazz Band, orchestré et dirigé par le cornettiste Nick LaRocca, fait sensation et enregistre les premiers disques de jazz en 1917. Contrairement à l'Original Dixieland Jazz Band et son leader qui clament leur identité blanche, les New Orléans Rhythm Kings, constitués d'un noyau de musiciens blancs néo-orléanais amis d'enfance revendiquent en grande partie l'héritage des Noirs. Leurs enregistrments de 1922 et 1923, année où ils invitent au piano Jerry Roll Morton (brisant ainsi un tabou racial) vont avoir un impact important sur les jeunes musiciens de Chicago.

A leur arrivée dans Chicago, les grands musiciens néo-orléanais noirs (dont Freddie Keppard, King Oliver, Kimmie Noone, Jerry Roll Morton, Louis Armstrong) ne vont pas tader à bénéficier de la brèche ouverte par les deux orchestres cités prcédemment. Ils se produisent dans la partie sud de la ville (le South Side), deviennent le point de mire des musiciens de Chicago et enregistrent à partir de 1923 les premiers grands chefs d'oeuvre du jazz.

Pour un temps clarinettiste de King Oliver, le créole Jimmie Noone (1895-1944) formera en 1926 un excellent petit orchestre qui enregistrera plusieurs pistes en 1928. Ilest connu pour sa technique, ce qui étonnera Maurice Ravel lors de son passage à Chicago, et sa sonorité et son style influenceront beaucoup de clarinnetistes, comme Benny Goodman.

2- les Chicagoans

Quelques étudiants blancs de l'Austin High School se réunissent pour écouter et tenter de rejouer note pour note les enregistrements des meilleurs orchestres néo-orléanais. Ils forment leurs propres orchestres dits de style Chicago et certains deviendront à leur tour, dix ans plus tard, des jazzmen influents, comme le clarinettiste Benny Goodman.

NEW YORK

 1- Les précurseurs.

A New York, les musiciens noir s'organisent très tôt et fondent une association, le Clef Club, dirigé par James Reese Europe. Les enregistrements de Jim Europe ne pas, en 1913, être considérés comme du jazz mais montrent un état de jubilation et d'exaltation rare pour l'époque.

2- Les Néo-orléanais.

En 1917, l'ODJB fait un triomphe à New York au Reisenweber Restaurant en partie grâce aux imitations d'animaux et autres fantaisies vaudeville ... Deux néo-orléanais d'importance, Sidney Bechet et Clarence Williams, ont vécu et enregistré leurs chefs d'oeuvre à New York.

3- Les orchestres noirs.

Le chef d'orchestre et pianiste Fletcher Henderson est certainement la plus grande figure new-yorkaise noire des années 1920.  Chef d'orchestre visionnaire sachant s'entourer des meilleurs musiciens, il va jeter, avec l'aide de son arrangeur Don Redman, les bases de la conception moderne du big band.

Vers la fin des années 1920, l'engouement de l'intelligentsia blanche de new york pour une Afique inconnue, coïnciant avec la renaissance des écrivains et intellectuels noirs de Harlem (la Harlem Renaissance) allume les projecteurs sur les grands clubs de jazz de ce quartier où la bourgeoisie blanche part s'encanailler. Le plus célèbre de ces endroits, le Cotton Club, fera connaître au public blanc Duke Ellington, Cab Calloway et le danseur de claquettes Bill "Bojangles" Robinson.

4- Le jazz blanc.

La plupart des musiciens blancs de New York des années 1920 sont d'excellents techniciens et subissent l'influence de Bix Beiderbecke et Frank Trumbauer. Parmi eux, on trouve notamment le tandem italo-américain composé du violoniste Joe Venuti et du guitariste Eddie Lang qui a influencé les français Stephane Grappelli et Django Reinhardt.

5- De Detroit à New York.

Deux autres formations originaires de Detroit produisent et enregistrent à Chicago et New York: l'orchestre de Jean Goldkette et les Mc Kinney's Cotton Pickers. Bénéficiant en 1927, de la direction musicale et des arrangements de Don Redman, cette formation enregistre de 1928 à 1931 de nombreux enregistrements importants par l'originalité de leurs arrangements.

CALIFORNIE

 L'itinéraire de l'expansion du jazz n'a pas suivi uniquement l'axe New Orléans-Chicago-New York. Plusieurs jazzmen louisianais, et non des moindres, se sont installés sur la côté Ouest dès les années 1910. Les historiens ont tendance à l'oublier sans doute du fait de l'absence (ou presque) de traces discographiques...

En 1909, le bassiste Bill Johson s'installe sur la West Coast. En 1914, il y fait venir Freddie Keppard (1890-1933) et d'autres musiciens. Avant son départ de New Orléans, Keppard est considéré comme le meilleur cornettiste de la ville, celui qui a fait le lien entre Buddy Bolden et King Oliver. La légende raconte qu'il couvrait les pistons de son instruments avec un mouchoir pour garder ses doigtés secrets et qu'il a refusé d'enregistrer en 1916, ce qui aurait été le premier disque de jazz, de peur qu'on lui vole ses idées. Dès 1915, le pianiste Jerry Roll Morton se produit à San Francisco et revient plusieurs fois sur la West Coast où il fait forte impression sur les musiciens locaux. Le tromboniste Kid Ory se déplace vers la californie au climat moins humide pour ds raisons de santé, et en juin 1922, avec son orchestre, il enregistre à Los Angeles le premier disque de jazz noir de l'histoire. En 1921, King Oliver, après un séjour à Chicago dès 1919, joue avec son orchestre près d'un an sur la West Coast.

Vers le milieu des années 1920, on peut entendre des enregistrements intéressants d'orchestres, notamment celui de Paul Howard dans lequel deux musiciens deviendront fameux dans les années 1930: Lawrence Brown (trombone) plus tard associé à Duke Ellington, et Lionel Hampton ( à la batterie, au piano et au chant), et future star du vibraphone. Ces deux musiciens se retrouvent au côté de Louis Armstrong quand celui-ci enregistre à Los Angeles en 1930.

 

 

 

Publié dans Let the music play

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