Tracks en vrac: S Mos - Robert Glasper

Publié le par yannis

Discographie du mois de mai ... fait ce qu'il te plait !

Premier album, avec ce groupe français de funk,
S MOS Sextet: Head Rush



Jazzmen playing funk, funkmen playing jazz.

S. Mos
: Piano acoustique
Yann Gourhand
: Basse électrique
Julien Sérié
: Batterie
Brice Moscardini
: Trompette
Adrien Daoud
: Saxophone ténor
Bertrand Luzignant: Trombone


L'autobiographie du pianiste mérite que l'on s'y arrête quelques intants ... Un détour par l'accordéon étant enfant ... avant de se mettre au piano vers 16 - 17 ans ... Apprentissage à l'oreille comme on dit, avec comme musique de chevet celle de New Orléons, les big bands, le cool, le hard bop, le label Blue Note ... le casque de walkman sur les oreilles en essayant de retrouver les voicings d'Horace Silver et de Bobb Timmons. Et quelques informations glanées dans des manuels d'harmonie et auprès d'amis musiciens. En parallèle, des études d'économie-gestion à la Sorbonne ... puis quelques années en entreprise, avant de se lancer véritablement dans la musique. Une école de musique, puis des débuts en tant que musicien professionnel et ingénieur du son.

Efficacité et précision de la section rythmique, puissance des solistes soufflants (sax, trompette et trombone), et la clarté groovy du piano.

Plutôt que de discourir sur le sujet, je laisse S Mos, le pianiste, en parler:

" Je voulais que ce deuxième album soit la suite logique du premier, «Play it loud !» (Cristal Records, 2004). Il restait des choses à faire sur ce même concept, celui du «jazz-funk acoustique» ou du «hard bop binaire». Parce que personnellement, je suis grand fan d'une période très courte, trop courte, de l'histoire du jazz, ce moment où les hard bopper ont intégrés les rythmiques binaires du R&B de l'époque. On peut citer comme exemples représentatifs de cette fusion des morceaux comme « the Sidewinder » de Lee Morgan, « Blackjack » de Donald Byrd, « Adam's Apple » de Wayne Shorter ou « Psychedelic Sally » de Horace Silver. Nous sommes là au milieu des années 60, disons entre 1964 et 1968, et les choses se passent principalement sur le label Blue Note. Après cette période, le jazz funk connaîtra un essor très important, devenant l'un des courants majeurs du jazz des années 70, puis sera redécouvert par les rappers et la vague acid jazz du milieu des années 80. Cependant, au moins une chose très importante sépare ce jazz-funk là des morceaux que j'ai cité plus haut : l'instrumentation. A partir des années 70, les Rhodes Fender, les orgues Hammond, les guitares électriques, les clavinets et autres antiques synthétiseurs, deviennent indissociables de ce genre musical. Je n'ai aucun problème avec ce jazz-funk là, j'en ai écouté beaucoup, mais ma préférence ira toujours je crois au «hard bop binaire» que je décrivais tout à l'heure. J'y perçois quelque chose de plus brut, de plus énergique, voire de plus méchant. Le son du piano y est pour beaucoup, plus métallique et nettement moins chaud et rond que celui d'un Rhodes ou d'un Hammond. Je ne connais pas beaucoup de groupes aujourd'hui qui pratiquent du «jazz funk acoustique», peut être Fred Wesley sur certains albums. C'était une motivation supplémentaire pour continuer sur ce chemin."

Pour découvrir quelques titres de leur nouvel album, cliquer
ICI

Et deuxième album avec le pianiste Robert Glasper: In my element (Blue Note).



Robert Glasper: Piano
Vicente Archer: Contrebasse
Damion Reid: percussions

Diversité des influences musicales, avec en nombreuses occasions des invités comme les rappeurs Mos Def, Common, the Roots, Bilal, le trompettiste Roy Hargrove, le saxophoniste Mark Turner ou bien Bilal.

Une fois encore, je préfère reprendre la présentation parue sur le label Blue Note avec les commentaires du musicien (en anglais):

" It is clear that Glasper’s trio draws heavily on the aesthetic worldview of hip-hop, even as they foreground a scintillating, highly virtuosic jazz language on the uptempo “G & B,” the lilting waltz “Of Dreams to Come” and the Herbie Hancock/Radiohead mash-up “Maiden Voyage/Everything In Its Right Place.” At the close of nearly every piece, Glasper surprises the listener with a brief interlude to set the stage for the next tune. These types of fade-in-and-out segues, which are characteristic of modern hip-hop record production, create a sense of mystery and a flow beyond the individual song. “I’ve never really heard it done before on a jazz trio record,” Glasper offers. “Usually it’s all these effects and Rhodes and other stuff. I wanted to avoid a jazz/hip-hop hybrid because that can be corny. I figured the more organic, the better.”

In true jazz fashion, creating the interludes was itself an improvisational process. “Most of them are little snippets we made up in the studio,” Glasper explains. “I’d just start playing some random groove. One or two are actually parts of songs that I borrowed from and used. I didn’t really map out the album in advance – I recorded a bunch of interludes and then listened to see what would flow the best.”

The hip-hop influence is most explicit on “J Dillalude,” Glasper’s homage to hip-hop producer and pioneer J Dilla, who died tragically in February 2006. “I worked with Dilla in Detroit around 2000, and spent a week at his house,” Glasper recalls. “When he came to New York we’d go eat. He changed how a lot of people feel the beat, and he changed the way I lay chords down – how I blanket chords over certain rhythms. He’s also influenced drummers. A lot of them are Dilla freaks. It’s about the way a whole groove sounds, where the snare is placed in relation to the hi-hat, the bass drum and so on.” Just before the track starts we hear the voice of famed rapper and producer Q-Tip, suggesting that Glasper record some “Dilla joints,” but “trio-style.”

(...)

Glasper also uses a recording of his goddaughter to introduce the interlude preceding “One for ‘Grew.” “She likes to call me up and sing me songs,” Glasper says. “This was one of them, so I chopped it up and put something under it.” Similarly, the concluding piece “Tribute” includes the powerful speaking voice of Reverend Joe Ratliff, eulogizing Glasper’s mother, another painful and tragic loss. “I wrote this first and then listened back to the eulogy, and a lot of the phrases synched up and totally changed the color of the song,” Glasper marvels. He nods once again to his church upbringing on “Y’outta Praise Him,” a rhythmically complex gospel-infused cut preceded by a solo piano intro that references a number of Glasper’s favorite church hymns.

(...)

Glasper can play any standard in the book but is not content to recapitulate Tin Pan Alley harmony, AABA form or straightforward swing in his own work. Instead, he favors compact harmonic units and off-kilter rhythms that foster what Ben Ratliff calls “skittering cooperation” between the members of the trio. It’s a new way of working, but as Glasper points out: “I’m not trying, it’s just the way I hear. It’s a good way to bring my generation into checking out the music. We have a tendency to be angry that no one’s listening to jazz, but music is expensive, and on top of that, a lot of things sound old. I have to bring something into the music that they’ve heard and can relate to. Hip-hop cats and gospel cats are coming to my shows and that feels great. My audience is getting a lot younger.”


Pour découvrir quelques titres de son deuxième album, cliquer
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Publié dans Let the music play

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