Steve Coleman and Five Elements / Opus Akoben - Sons d'Hiver 2008 (09/02/08)

Publié le par yannis

coleman_opus_akoben.jpg

Steve Coleman and Five Elements -
Steve Coleman: saxophone alto / Jonathan Finlayson: trompette / Tim Albright: trombone / Jen Shyu: voix /  Thomas Morgan: basse / Tyshawn Sorey: batterie.

Opus Akoben - Kokayi: voix / Sub-Z: voix / Ezra Greer: basse / Jay Nichols: batterie / Ayce International: DJ


Décidement, après le concert d’Archie Shepp et Chuck D, le concert de samedi soir dernier à Fontenay sous Bois était du même acabit. Deux heures d’un live non stop dont on ne sort pas indemne.

Steve Coleman and Five Elements
On ne le présente plus. Ni même son travail, celui-ci demandant à chaque musicien de jouer dans une métrique différente. Une musique funk, avec une liberté mélodique, harmonique et rythmique. Lui-même utilise le terme de « composition spontanée ». Le concept de Changement est le point central de sa théorie. Notamment le changement entre les différentes structures musicales. Selon Steve Coleman, « c’est le mouvement qui est important » et c’est à travers la composition spontanée que ces idées semblent être le mieux exprimées.

A partir de là, on comprend mieux pourquoi ce concert réunissait Steve Coleman and Five Elements, and un groupe de hip hop résolument créateur, en mouvement … Force est de constater que la griffe M’base de Steve Coleman se marie à merveille avec le flow du collectif de rappeurs de Washington, Opus Akoben. A la section rythmique et funky menée de main de maître par Tyshawn Sorey (impressionnant!), mais également par le batteur Jay Nichols de Opus Akoben et aux improvisations libres de Steve Coleman, les deux virtuoses du flow free-style, que sont Koyaki et Sub-Z, ont trouvé un terrain groove propice à leurs techniques vocales. Un horizon musical hybrides entre jazz et hip hop.

Je vous vois perplexe … Laissez moi vous raconter un peu la rencontre de ces deux groupes.

Opus Akoben a été découvert en 1995, aux côtés de Steve Coleman, sous l’appellation « Metrics », « Kokayi », « Black Indian » et « Sub-Zero ». Impregnés de la formation de Steve Coleman, aguerris à toutes sorties de formules rythmiques, ces trois là ont laissé mûrir leur musique jusqu’à former leur propre groupe : Opus Akoben. Un mélange de soul music et de hip hop. Un groupe de Washington DC forgé dans une vaste culture musicale et une revendication identitaire forte. Mais surtout ils appartiennent à la "Freestyle Union", une sorte de workshop permanent dédié à « l’élévation de la rime ». Juste une règle où l’inventivité, la liberté, la performance et l’émulation sont les principes fondateurs. Chaque participant rebondit sur les mots prononcés par son prédécesseur.

Et samedi soir dernier, c’était une claque que de les entendre jouer avec les mots, avec le batteur Tyshawn Sorey et le saxophoniste Steve Coleman. L’anecdote à la fin du concert : Sub-Z qui prend des objets au public (dont un parapluie!)  et les tend à Koyaki qui illico les reprend dans son flow improvisé.

Croyez –moi, un son qui sonne vrai … cela se reconnaît. Je vous laisse sur ces impressions musicales ...

nti_bug_fck

Publié dans Festivals - Concerts

Commenter cet article