Christian Scott au Sunset - 02/02/08

Publié le par yannis

Souvenez-vous, j’avais évoqué le premier album de Christian Scott, ce jeune trompettiste de 24 ans originaire de la Nouvelle-Orléans et dont l’oncle n’est rien d’autre que Donald Harrison Jr.

Le premier album m’avait énormément plu : le son voilé du trompettiste, le jeu musclé du batteur, et le rôle primordial du guitariste Matt Stevens dans les compositions de Christian Scott.

Pour retrouver l’article du 26 juin 2007, cliquer ICI !


Retour sur le mois de janvier 2008… un bref passage à la fnac bastille  … au rayon jazz … une oreille qui capte des sonorités fort plaisantes … et à la sortie le deuxième album de Christian Scott en poche : Anthem.

A l’instar de « Rewind That », le nouvel album ne respecte pas les règles du jazz classique …


Je vous invite à cliquer sur le ticket du concert pour découvrir la petite vidéo tournée par Concord Jazz pour la promotion de son nouvel album.

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J’ai eu l’occasion de le vérifier en live au Sunset le samedi 2 février pour sa première scène en France. Trois sets de 50 minutes, pour finir la soirée à deux heures du matin, après un concert musclé et d’une rare intensité. J’ai toujours eu un faible pour le jazz outre-atlantique à vrai dire …

On retrouve le groove neo-soul du batteur Marcus Gilmore, tandis que le pianiste Aaron Parks (également au Fender Rhodes) et le guitariste Matt Stevens apportent une tonalité sombre, troublante comme sur la mélodie phare du titre eponyme « Anthem », émouvante également comme sur « Litany against fear ».

J’aimerai pointer l'unité remarquable dans cet album, comme s’il s’agissait d’un opus composé de 12 morceaux tous liés les uns aux autres … Les morceaux s’inspirent en partie de sa vie à la Nouvelle-Orléans et du désastre provoqué par l’ouragan Katrina, comme le titre « the 9 » - rapport à la neuvième circonscription où il a grandi et qui n’existe plus désormais …

Outre le fait que la politique soit sous-jacente à ce nouvel album, ce dernier reflète également les nombreux changements dans sa vie. Le long et sensuel morceau “Cease Fire” évoque une relation qui se meurt ... Le titre « Katrina’s eyes » évoque un rêve où il s’est vu dans les yeux de sa fille, bercée par une douce musique … A son réveil, point d’enfant, mais la musique est restée  … (nota bene: il s’est empressé de préciser à la gente féminine qui s’agissait d’un rêve et qu’il était célibataire).

 

Le titre « Remains distant » serait un hommage à Miles Davis … tout en faisant référence à un poème de Saul Williams, « When The Storm Remains Distant ».

 

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http://www.christianscott.net/


La photo de l’album a été prise par son frère jumeau Kiel. L’image se veut résolument forte : lui en premier plan devant une scène de crime où joue une petit fille, "insensibilisée au maux de la société qui nous entourent".

Notons également sur l’album le dernier morceau, le funky « Anthem (Post Diluvial Adaptation) » - un subtil mélange du flot du rappeur Brother J, des X Clan, et la trompette rageuse et révoltée de Christian Scott. Tandis que le premier titre de l’album « Anthem » évoquait la Nouvelle-Orléans avant l’ouragan et les inondations (son jeu y est minimaliste, tandis que le jeu de ses comparses est intense et soutenu), le dernier titre reflète la rage des habitants après l’ouragan et les manquements du gouvernement depuis...


Pour découvrir les quelques photos prises lors du concert au Sunset, cliquer sur la photo ci-dessous (désolé pour la qualité, les photos ont été prises via un téléphone portable).

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Je vous donne RDV après le festival
Sons d'Hiver, qui débute pour ma part demain avec Archie Shepp et Chuck D à Vitry sur Seine ...

Stay tuned !

Publié dans Festivals - Concerts

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