LA NOUVELLE ORLEANS:
Le jazz se nourrit à la fois des apports de l'Afrique ancestrale amenés par les esclaves et de ceux des immigrants européens. En cette fin du 19ème siècle, la Nouvelle Orléans possède une riche tradition musicale mélangeant les éléments africains, français, espagnols, mais aussi allemands, irlandais ...
Dans cette ville, on peut distinguer trois cultures: celles des noirs, des créoles (métis) et des blancs.La vie n'est pas ici plus drôle ni plus facile qu'ailleurs, mais les occasions de s'amuser y sont nombreuses et la musique de parade qui résonne dans la rue à la moindre occasion est gratuite. Les gamins, les voisins, les badauds s'attroupent en dansant autour des fanfares, formant la fameuse second line. La plupart des musiciens sont amateurs et se partagent entre leur travail, les fanfares, et le noctambulisme des orchestres de danse. Nombreuses sont les sociétés et organisations diverses qui sponsorisent des orchestres pour toutes sortes d'occasions: danse, pique-nique ouvertures de magains, anniversaires, parades et son fameux carnaval. Par ailleurs, les funérailles (d'esprit africain) sont la plus fameuse manifestation: en route vers le cimetière, la fanfare joue des marches lentes, des hymnes funèbres ou des spirituals. Au retour, elle entonne des airs de ragtime, des marches joyeuses progressivement jazzifiées. Les occasions musicales faisant croitre le nombre de musiciens, l'émulation constante crée un climat stimulant idéal pour l'éclosion d'une musique exceptionnelle portée par des interprètes d'exception.
Dans la sociologie du jazz, 1894 est certainement l'une des premières dates à retenir: celle où des lois ségrégationnistes obligent les Créoles à quitter le centre de la ville et à se mélanger contre leur gré aux noirs, ce qui favorise bientôt la naissance du jazz. Avant la fin du siècle, le cornettiste noir Buddy Bolden (jamais enregistré) va, selon quelques témoignages, réaliser une hybridation décisive: celle du blues, du ragtime et des marches de fanfares. Le jazz, pour ainsi dire, est né.
Cette musique louisianaise est aussi connue sous le nom de Dixieland, ce terme se référant surtout aux orchestres blancs et prenant parfois un caractère péjoratif.
L'improvisation collective, sorte de contrepoint spontané effectué par les instruments à vent, est la grande caractéristique du style New Orléans. Ce style des origines va s'étioler à partir du milieu des années 1920, mais vers la fin des années 1930, un nouvel engouement pour le jazz ancien va amener le New Orléans revival ou Dixieland revival. On peut toujours à l'heure actuelle profiter de ce son jazz si typique de la Nouvelle Orléans, comme avec the Independance Hall Orchestre ( photo ci-dessous, le samedi 30 Juillet 2005 - un des meilleures soirées jazz à laquelle j'ai assisté).
Quatres génies du jazz new orléans:
- Le cornettiste Joe "King" Oliver (1885-1938)
- Le pianiste Ferdinand "Jelly Roll" Morton (1890-1941)
- le clarinettiste et saxophoniste soprano Sidney Bechet (1897-1959).
- le trompettiste et chanteur Louis Armstrong (1901-1971)
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